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dimanche 4 décembre 2011

Education Populaire



ÉDUCATION VRAIMENT POPULAIRE
Comment se désintoxiquer de la langue de bois
Alors que les licenciements sont devenus des plans de sauvegarde de l’emploi, ou que votre banquier se veut votre partenaire, il est temps de se poser certaines questions. Franck Lepage s’est lancé dans cette bataille très politique : celle des mots. Avec d’autres travailleurs socioculturels, lassés des euphémismes et des mensonges du langage du pouvoir, il a lancé une coopérative d’éducation populaire : la Scop Le Pavé. Leurs « conférences gesticulées » sillonnent la France... et la Toile.
Les vidéos de ses « spectacles » cartonnent sur la toile. La plus connue, « langue de bois » a été vue plus de 500 000 fois sur le Net (Youtube et Dailymotion cumulés). Il s’agit d’un extrait de six minutes d’un one-man show de Franck Lepage, Inculture(s). Ce n’est pas simplement drôle, c’est incroyablement intelligent, à la fois politique et instructif. D’ailleurs, ce n’est pas un sketch. Et Franck Lepage n’est pas un humoriste. Et ce ne sont pas vraiment des spectacles, plutôt des « conférences gesticulées ». La Scop (société coopérative et participative) Le Pavé, qui les produit, n’est pas une troupe de saltimbanques mais une coopérative d’éducation populaire, créée en 2007 par des travailleurs socioculturels, écœurés par le fonctionnement des institutions publiques. « Je me suis battu pendant plus de dix ans au niveau national pour réhabiliter la question de l’éducation populaire. Et puis j’en ai eu marre. Nous étions plusieurs lassés ne pas pouvoir faire d’éducation populaire, à devoir nous prostituer dans des logiques de projets pour obtenir des subventions. Nous avons alors décidé de créer notre propre machin pour faire exactement ce que nous souhaitions », explique-t-il crûment. Franck Lepage a voulu monter sa boîte, et aussi voulu monter sur scène pour dénoncer « le mensonge de la démocratisation culturelle » : « Cette idée que balancer du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser et qu’ils vont rattraper les riches. »
Le langage, terrain de la lutte de classe
Inculture(s), son « spectacle », est parti de là. Un spectacle hybride, empreint de vulgarisation politique et de décryptage engagé. Une conférence gesticulée. Et cela a cartonné. Au point qu’il n’a plus arrêté et que toute l’équipe du Pavé a dû s’y coller. Aujourd’hui, il existe des conférences gesticulées sur l’école, le management, le travail et les retraites, la fin du pétrole, le sexisme, l’insertion… De son lieu d’ancrage au fin fond de la Bretagne (La Godais, un patelin d’Ille-et-Vilaine), l’équipe du Pavé accompagne aussi chaque année une vingtaine de personnes pour qu’elles puissent réaliser leurs propres conférences gesticulées.
En octobre dernier, Franck Lepage était invité à faire escale à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. D’abord pour présenter Inculture(s) 2 (la suite) : « Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les autres... Ou comment j’ai raté mon ascension sociale » (voir l’extrait ci-dessous). Il y explique au moyen d’un parapente, devant un public de 250 personnes, comment le système scolaire actuel perpétue invariablement les inégalités sociales. Ensuite pour animer, en compagnie de son homologue Filipe Marques, de la Scop L’Engrenage à Tours, un atelier pratique de désintoxication de la langue de bois. « L’éducation populaire, c’est aussi se réapproprier un langage critique et inventer des modes de résistance au langage positif », qui, selon Franck Lepage, n’est rien de moins qu’un nouveau visage du fascisme, « si on veut bien comprendre le fascisme comme l’élimination de la contradiction ».
Êtes-vous défavorisés ou exploités ?
Des exemples ? Le capitalisme s’appelle désormais développement, la domination se nomme partenariat, l’exploitation se dilue dans la gestion des ressources humaines et l’aliénation a l’apparence d’un projet. « Ces mots, il faut les combattre, parce qu’ils ne sont pas inoffensifs. Ils modifient profondément notre réalité et nous font penser différemment », explique Franck Lepage, en introduction de l’atelier qui a réuni à Montreuil près de 70 personnes.
« Depuis les années 1970, des mots disparaissent et d’autres apparaissent. Ça ne se fait pas comme ça. Le pouvoir mène un travail considérable sur les mots. »Avant tout parce que le langage est un enjeu de lutte et de rapport de force entre classes dominante et dominée. « Avant, les pauvres, on les appelait les exploités. Aujourd’hui, ce sont des défavorisés. Si bien que votre perception n’est pas la même suivant qu’on utilise l’un ou l’autre terme. » Pourquoi ? « Dans un cas, vous pouvez penser la situation de la personne non pas comme un état, mais comme un processus qui s’appelle l’exploitation, avec nécessairement un exploiteur quelque part. Dans l’autre cas, le pauvre, c’est simplement quelqu’un qui n’a pas eu de bol, parce que le processus de “défavorisation”, ça n’existe pas, et les “défavorisateurs” non plus. C’est ce qui fait toute la différence. »
Votre patron : un collaborateur ou un partenaire ?
Pour mieux se convaincre de la perversité du capitalisme, il suffit, poursuit Lepage, d’observer l’évolution des ouvrages de management, qui font office de référence en matière d’idéologie des puissants. « C’est la théorie de Luc Boltanski et d’Eve Chiapello, deux sociologues qui, dans Le Nouvel Esprit du capitalisme, ont cherché le mot qui revenait le plus souvent dans les manuels de management. En 1960, c’est le mot hiérarchie. Vu que les bouquins s’adressent à des dirigeants, ça paraît logique. Dans les ouvrages des années 2000 – surprise !–, le mot a disparu. Pourtant, la hiérarchie n’a pas disparu des entreprises. C’est simplement qu’on ne peut plus la nommer. Alors, à votre avis, quel est le mot qui l’a remplacé, et arrive maintenant en tête de liste ? » Dans la salle, chacun y va de sa proposition. « Participation ? Compétiton ? Collaboration ? Partenariat ? » Il y a de l’idée, mais ce n’est pas cela. « Alors vous aussi, vous sentez le piège quand on vous dit que votre patron, c’est votre collaborateur, et que votre banquier, c’est votre partenaire », ironise Lepage avant de livrer la solution. « Cela va vous surprendre, ce mot, c’est projet. Et ça, ça veut dire qu’aujourd’hui c’est lui notre nouvel ennemi. »
Pour combattre efficacement un ennemi, il faut d’abord le connaître, savoir d’où il vient et comment il se manifeste. Et nul besoin de chercher bien loin. Il suffit de se remémorer ses cours de français au chapitre « figures de style » pour décoder le mécanisme de la langue de bois. Rien de tel donc, qu’une petite séance de révision collective : « On démarre avec les euphémismes. Pour mémoire, cela sert à atténuer une réalité sociale pour nous la rendre moins violente. Je vous écoute », lance Filipe Marques, en prenant position au tableau. Dans le public, tout le monde semble se prendre au jeu. « On ne dit plus “vieux”, on dit “senior” », lance quelqu’un. « Cela, c’est magique, remarque l’animateur.Parce que dans notre esprit, un senior, c’est un vieux qui bouge encore. Avant, on parlait de personnes âgées, et puis on s’est rappelé que ça voulait dire vieux. Alors, c’est devenu troisième âge. Et maintenant c’est senior, mais ça peut encore évoluer. »
Vous êtes plutôt croissance négative ou discrimination positive ?
D’autres exemples suivent : les pays sous-développés, qui sont devenus les pays en voie de développement, puis les pays émergents. Les aveugles qui sont devenus les non-voyants, les chômeurs qui sont devenus des demandeurs et même des prospecteurs d’emploi (et maintenant des candidats à l’emploi, dixit le site de Pôle emploi). On pourrait y passer la journée, mais il y a encore plein d’autres figures de style à étudier. On passe à l’hyperbole, où chacun s’accorde à dire que « qualifier de prise d’otages une grève des transports, c’est vrai que c’est quand même un peu exagéré. »
Au tour de l’oxymore. « C’est la juxtaposition de deux réalités contradictoires, rappelle Filipe Marques, pédagogue. L’idée, c’est de mettre un terme positif à côté d’un terme négatif pour lui conférer une connotation sympathique. Ça fonctionne d’ailleurs très bien, et c’est pour ça que c’est une des principales catégories politiques », poursuit-il, en inscrivant au tableau les trouvailles de chacun : développement durable, discrimination positive, entreprise citoyenne, croissance négative... « Prenez l’égalité des chances, par exemple, intervient Lepage. Si on prend le temps d’y réfléchir calmement, on s’aperçoit que ça veut précisément dire inégalité. En gros, ça revient à dire que le lapin et la tortue, ils ont la même ligne de départ. » Après l’oxymore, on en vient naturellement au pléonasme, où l’on continue de bien s’amuser avec la démocratie participative, le lien social ou encore la solidarité active.
Licenciements collectifs ou plan de sauvegarde de l’emploi ?
Et la liste est encore longue ! Il y a même une catégorie qui n’est pas répertoriée dans la littérature française, mais très en vogue en langue de bois. Dans le lexique de l’éducation populaire, ils appellent ça des « technicisateurs ». « Il s’agit en fait de renommer de manière technique et moderne une réalité, afin de la revaloriser de manière tout à fait symbolique, en faisant croire qu’elle s’est modifiée. Plus insidieusement, ça permet aussi de passer d’une obligation de moyen à une obligation de résultat », définit Franck Lepage. Et voilà comment un balayeur devient technicien de surface, comment un distributeur de sacs poubelle devient un ambassadeur du tri ou une caissière un agent d’accueil. On s’attarde encore un peu sur la magie des anglicismes et sur la coolitude de« brainstorming, coach, team-manager et briefing ». Même chose pour les sigles, excellent moyen de faire oublier la réalité qu’ils recouvrent.
À regarder le tableau se remplir et à réaliser tous ensemble qu’aujourd’hui un licenciement collectif s’appelle un plan de sauvegarde pour l’emploi, on se dit que George Orwell dans 1984 (publié en 1949) avait déjà tout compris. Pas question d’en rester au stade du simple constat. Les révisions terminées, les participants sont tous invités à perfectionner leur pratique et leur connaissance de la langue de bois en se prêtant par petits groupes à une série d’exercices, telle que la traduction d’un article de presse en y supprimant les effets de langage, la rédaction d’une lettre de licenciement en hyperlangue de bois ou encore la réalisation d’un « ridiculum vitae »… (Un détour sur le site d’Attac, où sont répertoriés les différents travaux, est vivement conseillé…)
Résister par l’humour
« Tout ça, c’est super, parce qu’on s’aperçoit qu’on est tous lucides sur le phénomène, mais, concrètement, comment fait-on pour résister ? », interroge un participant. Car c’est bien là tout l’enjeu de cet atelier d’éducation populaire.« La première chose, c’est essayer de réinstaurer un rapport de force en se réappropriant ce langage dont on nous a privés, en appelant un chat un chat. Organisez des ateliers autour de vous, maintenant que vous avez vu comment cela fonctionne », répond Franck Lepage. Vidéos et outils méthodologiques sont disponibles sur le site Internet de la Scop Le Pavé. « Plus il y aura de gens désintoxiqués, plus nombreux seront ceux qui auront envie de résister. »
Et s’il y a quelque chose qui semble se combiner à merveille avec l’éducation populaire et que Franck Lepage manie à la perfection, c’est bien la résistance par l’humour. « Il y a un truc marrant à faire et que vous pouvez tester lors des vœux du maire, en assemblée générale, au prochain séminaire ou comité de votre entreprise, c’est de préparer des petits cartons sur le modèle des grilles de loto, où vous inscrivez des séries de concepts opérationnels, et que vous distribuez à des collègues complices. Le premier qui remplit sa grille a gagné et se lève pour crier “Bingo !” »
Linda Maziz
En savoir plus
L’agenda des conférences gesticulées sur le site de la Scop Le Pavé.
La rubrique dédiée à la désintoxication du langage, avec vidéos explicatives et un guide pratique pour animer un atelier est à télécharger directement sur le site.
N 1 : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=YTSDeVquHks
N2 :
http://www.youtube.com/watch?v=LLQ8AjyAX30&feature=related
N3 :
http://www.youtube.com/watch?v=FDdKpDXwsjM&feature=related

samedi 3 décembre 2011

Réinventer la légitimité démocratique...



INVITATION
Les indignés espagnols : réinventer la légitimité démocratique
L’ADELS (Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale) vous invite à une soirée – débat exceptionnelle
jeudi 15 Décembre • 18:00 - 21:00
au 1 rue Sainte Lucie - 75015 Paris
En présence d’Héloïse Nez.
Enseignante en science politique à l'Université Paris 13, chercheure au LAVUE et administratrice à l'Adels, Héloïse Nez s'est rendue à Madrid pour suivre la mobilisation des indignés. Elle revient en France nous faire part de ses observations et de ses analyses sur ce mouvement inédit de la Puerta del Sol.
et de Joan Cortinas
Sociologue, il s’est impliqué dans le mouvement des indignés à Barcelone et en France.
Héloïse Nez viendra nous présenter ses analyses d’expert et Joan Cortinas son vécu d’acteur impliqué dans le mouvement des indignés en Espagne et en France.
Le 15 mai 2011, à la suite d’une manifestation convoquée par des collectifs constitués sur Internet et les réseaux sociaux, des manifestants décident de rester camper à Puerta del Sol, une place symbolique de Madrid. C’est le début des « indignados », un mouvement social inédit qui réunit des millions d’Espagnols dans une critique des conséquences sociales de la crise économique et de la gestion de cette crise par le gouvernement socialiste. Rapidement, l’indignation s’exporte avec le slogan « Nous ne sommes pas des marchandises dans les mains de politiciens et de banquiers qui ne nous représentent pas ».
Tout en abordant la question de l’internationalisation du mouvement, les intervenants présenteront plus spécifiquement le cas espagnol, qui reste tout à fait spécifique par son ampleur, son large soutien populaire, son caractère fortement intergénérationnel et son indépendance vis-à-vis des organisations politiques et syndicales. Les indignés espagnols, qui dénoncent la légitimité des gouvernements représentatifs soumis aux exigences des banques et des institutions de régulation financière internationales, revendiquent une démocratie plus directe et participative. Ils défendent une nouvelle conception de la légitimité démocratique qu’ils expérimentent.
Nous vous invitons à venir en débattre avec nous.
**Lettre d'information électronique de l'Adels et de Territoires**
* pour s'inscrire : lettre_info-subscribe@adels.org
* pour toute autre question : lettre_info-owner@adels.org

mercredi 2 novembre 2011

Communauté de Communes du Mené...un exemple.

Les Energéthiques du Mené

Territoire 100% Énergies Renouvelables

Lettre d'information n°26

octobre 2011

Exemple de ZDE confetti

Sans aller jusque là : la Californie

Énergitorial

Une puce dont on a coupé cinq pattes devient sourde : application aux énergies renouvelables C'est l'expérience fameuse du polytechnicien, qui commence par couper une patte, et dit à la puce : "saute !", et elle saute. Il en coupe une seconde, lui enjoint de nouveau de sauter, et elle le fait. Arrivés à la cinquième, il demande encore à l'insecte de sauter... et il ne le fait pas. Conclusion : une puce dont on a coupé cinq pattes devient sourde.

Ce mode de raisonnement a hélas plus largement cours qu'on ne l'imagine. Prenons l'exemple de l'éolien en France : commençons par les restrictions de hauteur des machines pour tout un tas de raisons (chez nous, le fameux couloir d'entraînement aérien à basse altitude R57); ajoutons y les règles du Grenelle 2 (la distance de 500 m des bâtiments potentiellement habitables, les parcs à cinq éoliennes minimum); puis une lecture maximaliste des règles, qui conduit à définir des ZDE confettis, sans imaginer un instant que des habitations isolées peuvent être achetées en vue d'optimiser une implantation de parc, pour des montants faibles vis à vis de l'investissement total. Et, à la fin, on décrète "scientifiquement" que les énergies renouvelables ne seront jamais en mesure, chez nous, de faire face aux besoins.

Si nous regardons notre petit territoire, dans des conditions "normales", je veux dire celles des pays qui s'efforcent de sortir du nucléaire (Allemagne, Espagne), on pourrait facilement y produire assez d'électricité éolienne pour alimenter les habitants de Saint Brieuc (hors chauffage électrique), alors que, dans les conditions lamentables "à la Française", il suffira à peine pour sa propre consommation.

Bon plein d'énergies !

Sommaire

1.

Les énergies du Mené
2. Les grands projets du Mené
3. Le monde de l'énergie
4. Chronique de la transition heureuse
5. Et moi, ce soir, demain, l'an prochain, dans cinq ans ?

1) Les énergies du Mené

Soleil et énergies au menu

Visite de madame Eva Joly, candidate EELV, à Geotexia. Dans le cadre d'une tournée en Bretagne, le 14 octobre, madame Eva Joly, accompagnée des responsables locaux et régionaux d'EELV, s'est intéressée à nos démarches et notamment à la méthanisation : De l'eau au moulin des ambitions énergétiques défendues par son parti, vers un recours massif aux énergies renouvelables pour se passer des énergies fossiles quelles qu'elles soient.

Des élus d'une dizaine de pays

Avec la participation active de Sophie Merle, directrice de AILE

Le Mené en force au meeting Rurener en Hongrie. Trois représentants emblématiques de notre territoire, Michel Fablet, Jacky Aignel et Dominique Rocaboy, se sont rendus, du 25 au 28 septembre, au meeting de clôture du projet européen Rurener, où s'est créé le réseau de territoires ruraux du même nom. Ils ont manifestement fait mouche:

"Ces 4 jours en Hongrie se sont clôturés par la création de l’association RURENER. Le bureau constitué de 4 membres du consortium et de 5 maires ont élu Mr Jacky Aignel comme président (élu du Mené en Bretagne).

Cet événement est l’aboutissement de 3 ans de projet qui regroupe aujourd'hui plus de 60 collectivités en Europe. Un point très marquant de cette rencontre est la volonté exprimée par l’ensemble des élus de poursuivre et de développer RURENER afin de toujours mieux accompagner les collectivités (lobbying, financement, expertise…).

Je tiens encore à tirer mon chapeau à nos amis breton qui nous ont rejoint avec envie et qui se sont impliqués directement dans le réseau."

Détails à retrouver sur le site de Rurener : http://fr.rurener.eu/

La conférence

Le réseau allemand des territoires 100% "énergies renouvelables"

Nous étions aussi à la 5e conférence internationale pour le développement durable régional grâce aux énergies renouvelables. Les présentations et les discussions furent, comme d'habitude, très riche. L'ampleur des démarches en Allemagne est impressionnante : elles sont bien sûr "boostées" par le retrait du nucléaire qui fait consensus, puisque même les industriels sont, comme Siemens, en cours de redéploiement, qui va encore accentuer la puissance du secteur des énergies renouvelables. Il pèse en Allemagne quatre fois le poids de l'industrie nucléaire en France... Le docteur Peter Moser, de l'Université de Kassel, collaborateur de l'association deENet qui rassemble une centaine d'entreprises allemandes, et promoteur du réseau de territoires "100% Erneuerbare Energie Region", a fait un point remarquable de l'avancement de ce réseau qui, parti de territoires de base, des communes, enregistre maintenant l'adhésion de régions considérables comme Metropol Hannover, qui couvre un tiers du Land de Basse Saxe, soit 20 000 km² et 4 millions d'habitants... à peu près la taille de la région Bretagne.

Le docteur Moser a fait le projet, à l'occasion de prochaines vacances en Bretagne, de venir exposer à des responsables bretons comment cela est possible en Allemagne (si, si; sans centrales au charbon ni au gaz...) et examiner avec nous comment cela pourrait ne pas être impossible chez nous, malgré les oracles parisiens et "scientifiques".

2 ) Les grands projets du Mené

Parc PV au sol

Les conditions actuelles d'un projet de parc photovoltaïque. Depuis le moratoire sur les projets PV décrété par le gouvernement en fin d'année dernière, indispensable pour stopper la gabegie auxquels ils donnaient lieu, et malgré les lamentations, le photovoltaïque s'est remis en route sur des bases considérablement assainies. D'une part quelques marchands de miracles ont disparu en laissant parfois des fuites dans les toits, mais surtout, on a enfin ressenti en France la baisse considérable du prix des installations, constatée dans de nombreux pays, mais que notre système tarifaire poussait la filière à garder pour elle, au détriment des abonnés à l'électricité, c'est à dire vous et moi.

Pour les grosses installations (> 250 kWc), le système repose sur des appels d'offres, dont le premier a été lancé le 15 septembre, avec clôture le 8 février. C'est assez complexe, de manière à promouvoir, paraît-il, la recherche et le développement dans le PV en France. Pour les installations de production utilisant les technologies industrialisées les plus courantes, la règle de base de l'appel d'offre, une fois remplis un certain nombre de prérequis, est le prix de vente du MWh, étendu au pays tout entier, sans correctif régional fonction de l'ensoleillement comme c'était le cas précédemment. Autant dire que cela devrait concentrer les projets dans les zones les plus ensoleillées, d'autant plus que les contingents de puissance proposés ne devraient pas permettre plus de 15 à 20 projets. L'écart d'ensoleillement se reporte tout de suite proportionnellement sur le prix de revient du MWh, puisque, pour un même investissement et des charges égales, on va produire 50% en plus dans une région du sud ou l'ensoleillement équivalent annuel est de 1500 h que chez nous où il n'est que de 1000 h. Il n'y aura donc sans doute pas beaucoup de projets septentrionaux, puisque les candidatures doivent de plus être accompagnés du permis de construire, ce qui représente une "mise" de quelque 50 à 70 000 Euros en études.

Nous avons néanmoins réalisé une préétude pour un projet sur notre territoire, sur une surface de près de 6 ha, permettant d'implanter une puissance de 2 MW en panneaux au sol sans tracking. Ceci nous a permis de constater que le coût d'investissement actuel pour de tels projets, sans bénéficier des avantages dont peuvent profiter tel ou tel gros faiseur comme par exemple EDF EN, se situe entre 1,7 et 1,9 Euro/Wc, selon que les panneaux sont sourcés en Chine ou en France. Au passage, la sécurisation de l'installation, pour la prémunir des vols et déprédations qui sont le premier risque, pèse plus de 5% du total...

Dans ces conditions, en incluant les frais financier et la rémunération des capitaux propres, on arrive, pour notre région, à un prix de revient de l'ordre de 180 Euro/MWh, ce qui signifie que, dans des régions méridionales, on doit descendre vers 120 Euro/MWh. Tout ceci est très encourageant pour l'avenir du PV, dont les coûts deviennent maintenant tout à fait compatibles avec les prix de vente de l'électricité sur le marché français, voire bientôt compétitifs avec ceux du nucléaire de 3e génération, EPR, qui eux n'en finissent pas de grimper, puisqu'on en serait, pour Flamanville, au delà de 80 Euro/MWh, toujours sans compter le traitement des déchets longue durée ni les assurances risque Tchernobyl / Fukushima, tous deux assumés par le contribuable français.

Il y a donc de très fortes chances pour que, dans peu d'années, pour des besoins d'équilibrage du bouquet local de moyens de production d'électricité, ce projet de parc PV voie le jour chez nous.

3 ) Le monde de l'énergie

La membrane miracle pour le stockage de l'électricité : à suivre

Le stockage d'énergie devient un sujet majeur. Que ce soit pour tous les besoins de mobilité (véhicules, appareils portables) ou pour le lissage et l'équilibrage production / consommation, notamment en fonction de l'intermittence ou de la rigidité de la production, des aléas du transport et de la consommation. Des progrès constants, parfois considérables. C'est le cas, ce mois-ci, avec deux annonces remarquables :

  • Le constructeur automobile Toyota prépare, pour quelque part entre 2015 et 2020, des batteries à électrolyte solide (technologie sur laquelle travaille aussi le français Bolloré) donnant une autonomie de 1000 km aux véhicules électriques, contre 150 aujourd'hui. Et il y aurait aussi des coûts en chute de 80 à 90% Sûr que cela va changer la donne. Mais rappelons aussi qu'une autonomie de seulement 60 km, dès aujourd'hui réalisable à faible coût avec des batteries au plomb, suffisent pour 95% des déplacements en France.
  • Une équipe de la National University of Singapore's Nanoscience and Nanotechnology Initiative (NUSNNI) met au point une membrane miracle, diélectrique particulièrement efficace, puisqu'elle permet des capacités de 0,2 F par cm², quand un condensateur classique se trouve à 1 microfarad (soit 200 000 fois moins). Outre l'avantage considérable de compacité et donc l'augmentation des capacités volumiques de stockage, les coûts par unité de capacité devraient là aussi être divisés par 5 à 10 : 10 à 20 Wh pour 1 US$, contre seulement 2,5 pour les batteries Li ions, utilisés aujourd'hui dans les applications mobiles tant pour les équipements électroniques mobiles que pour les véhicules.
  • Un signe qui ne trompe pas est la création, le 27 septembre dernier, à Bruxelles, de l'association européenne pour le stockage de l'énergie (EASE), par 13 grandes entreprises, dont les grands producteurs d'électricité et quelques uns des constructeurs de matériel. L'objectif est de promouvoir les solutions de stockage de l'énergie.

Les deux exemples donnés plus loin illustrent bien l'importance du stockage et l'existence de solutions.

la démarche négaWatt

Le négaWatt nouveau est arrivé. (depuis le 28 septembre) Pour ceux de tout âge et de toute condition auquel cela aurait échappé, il faut absolument d'urgence se plonger dans le dernier "scénario négaWatt", la cuvée 2011. Ça ne coule pas tous les ans : ne pas manquer cette occasion de réflexion et de remise en cause, avec tout un tas d'idées qui dérangent. Même qu'on finirait par croire que le monde sans énergies fossiles, c'est possible ! (Nucléarophiles s'abstenir : risque d'allergie.)

http://www.negawatt.org/telechargement/SnW11//Scenario_negaWatt_2011-Dossier_de_synthese-v20111017.pdf

La Nouvelle-Zélande : des moutons, des all blacks, et donc des énergies renouvelables

Eux aussi sont en route. Les danois ont l'objectif de tirer 50% de leur électricité de l'énergie éolienne en 2020. Ils en sont déjà à 31%. Ils espèrent ainsi être en mesure de se passer complètement des énergies fossiles en 2050. La Nouvelle Zélande, pour sa part, a tiré 80% de son électricité des énergies renouvelables au premier semestre 2011. On se prend à rêver ce que ces pays pourraient faire si, en plus, ils avaient le Grenelle !

4) Chronique de la transition heureuse

Le volcan el Hierro

éoliennes de el Hierro

bassin supérieur

Graciosa des Açores

moulin à Graciosa

les batteries NaS

Deux îles atlantiques qui seront les premiers territoires au monde sans pétrole. La première sera, dès l'année prochaine, l'île de El Hierro (île du Fer), la plus petite de l'archipel espagnol des Canaries. Ce résidu d'un effondrement volcanique dont le cratère, aujourd'hui sous-marin, s'est réveillé le 16 juillet dernier après des millénaires de sommeil, a une superficie de 278 km², culmine à 1501 m d'altitude et porte 10 700 habitants permanents. C'est plutôt austère et escarpé, et ne vit que grâce aux 6 000 t de carburant apportées chaque année par des tankers. Tout ceci va changer dans les mois à venir, puisque l'île est en cours d'équipement d'une centrale dite hydro-éolienne, qui combine un parc éolien de cinq éoliennes E70 pour 11,5 MW et un système de turbinage-pompage d'eau de mer dessalinisée, comportant deux réservoirs artificiels, l'un (150 000 m3) au niveau du littoral, l'autre (550 000 m3), à 700 m d'altitude au pied des éoliennes. La puissance des groupes hydrauliques est de 11,3 MW. C'est cher : 65 MEuros, mais cela semble généreusement dimensionné : 3 à 4 MW hydro auraient été suffisants. Et déjà, des projets similaires voient le jour, sur l'île voisine de Teneriffe (150 MW) et à Hawaï (300 MW). Mais cela existe déjà de longue date, en système intégré, sur des territoires continentaux, comme le Harz en Allemagne.

La seconde île à se distinguer est Graciosa. Non pas la Graciosa, petite île des Canaries, mais dans l'archipel portugais "voisin" (à 1350 km) des Açores. Beaucoup plus petite (seulement 62 km², culminant à 398m, pour 4 700 habitants), elle est beaucoup plus avenante, avec des paysages ensoleillés et un cadre naturel et monumental frès agréable. Comme sur El Hierro, le vent y est très généreux, mais, pour se passer du pétrole, on va ici faire appel aussi au soleil, qui abonde au nord des Tropiques. Donc, le problème est loin d'être insoluble. La solution de stockage-lissage est différente : au lieu d'un système hydraulique, on va utiliser des batteries NaS, (Sodium Soufre), technologie développée par les suisses de la compagnie BBC, puis revendue au japonais NGC Insulator, associé à... TEPCO. Pour une puissance combinée éolien-photovoltaïque de 4 MW, c'est une batterie d'une puissance de 1 MW qui va être mise en place, pour une capacité de stockage de 7 MWh, un rendement charge/décharge de 75 à 80% environ et une durée de vie de 15 ans. L'ensemble du système est mis en place par la société berlinoise Younicos, spécialiste du domaine. Ce stockage reste cher, mais tout dépend à quoi on compare : sensiblement 2 Euro/W, mais d'autres sources donnent des prix beaucoup plus faibles (0,2). Ce sont de toutes façons des techniques qui sont appelées à se généraliser quand il faudra se passer des énergies fossiles. Ce qui sera le cas de Graciosa en 2013.

5) Et moi, ce soir, demain, l'an prochain, dans cinq ans ? agir au niveau individuel

Budget chauffage : + 32% en 10 ans. Le retour de la mauvaise saison remet le projecteur sur la hausse inexorable du coût du chauffage, à un rythme, sur 10 ans, sensiblement double de l'inflation, malgré tous les efforts qui n'ont pas manqué d'être faits par tous ceux qu cette évolution inquiète. Le coût moyen représente déjà l'équivalent d'un mois de SMIC. Et, bien sûr, le pire est à venir, comme nous le montre la hausse forte des produits pétroliers en cette fin d'année. Alors, que faites-vous ? Il n'est pas inutile de rappeler les "petits" gestes qui peuvent avoir de grandes conséquences. On ne s'étonnera pas d'apprendre que les champions en la matière sont... les Allemands, habitués aux premières places quand on parle de démarches sérieuses.

La réduction de la température de 20 à 19°C représente une économie de 7% de la consommation. Alors, que dire de l'économie d'une réduction de 22 à 19... quitte à mettre une petite laine : on parle alors de 20% d'économies.

Toute référence ou précision relative aux articles ci-dessus pourra vous être

communiquée sur demande à la rédaction.

Rédaction: Marc Théry

Communauté de Communes du Mené

La Croix Jeanne Even - 22330 Collinée

02 96 31 47 11 / Fax : 02 96 31 47 27

energies@mene.fr

jeudi 27 octobre 2011

Evaluation de la Journée Biovallée

Crest, le 26 octobre 2011 Madame, Monsieur, Je tenais à vous remercier pour votre contribution à la réussite des portes ouvertes Biovallée® du 15 octobre dernier. Avec 70 exposants et environ 500 visiteurs, nous avons largement dépassé nos objectifs en matière de participation. Nous souhaitons cependant évaluer plus précisément l’atteinte des objectifs que nous nous étions fixés. En complément des réactions à chaud que nous avons recueillies en fin de journée, je vous saurai donc gré de bien vouloir nous retrouver la fiche d’évaluation ci-jointe avant le 9 Novembre prochain. Par ailleurs, certains d’entre vous n’ont pas pu profiter pleinement des conférences et ateliers proposés, du fait que vous teniez vos stands. Je vous propose donc de participer à un temps de présentation de Biovallée®, du travail prospectif en cours, de la mise en place de la marque le mercredi 1er décembre prochain de 17h30 à 20h à Saillans (lieu Salle des Fêtes). Nous pourrons ensuite échanger autour d’un apéritif dinatoire. (merci de confirmer votre présence auprès de Claudine Amauric, camauric@val-de-drome.com, CCVD BP 331 26402 Crest cédex). Je compte sur votre présence et vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’expression de mes salutations distinguées. Jean SERRET Président de la Communauté de Communes du Val de Drôme Président du comité de pilotage Biovallée®

Fiche évaluation portes ouvertes Biovallée® du 15 octobre 2011

Merci de remplir la grille ci-dessous :

1. Pas satisfaisant du tout

2. Pas satisfaisant

3. Moyennement satisfaisant

4. Satisfaisant

5. Très satisfaisant

SA : sans avis

Points d’évaluation

1

2

3

4

5

SA

Remarques

Accès à l’information pour s’inscrire

Informations données pour votre venue

Réponses à vos questions préalables

Communication sur l’évènement

Pré-signalétique

Signalétique sur le site

Conditions matérielles d’installation sur le site

Fréquentation du matin

Fréquentation de l’après-midi

Qualité du repas

Echanges d’expériences entre professionnels

Vente sur site

Première prise de contact commerciale

Amorce de partenariats, de collaborations

Qualité des ateliers d’échanges

Qualité des conférences sur Biovallée®

Animation de la journée

Autres remarques :

Document à retourner pour le mercredi 9 novembre à camauric@val-de-drome.com . Ou, par courrier à l’attention de Claudine AMAURIC Communauté de communes du Val de Drôme, BP331, 26402 Crest Cedex

samedi 22 octobre 2011

Enquête : Ecomobilité dans le Diois...


Je cherche a diffuser un questionnaire dans le cadre d’une enquête de faisabilité lié à mon projet de locations de VAE dans le Diois. Celui-ci comporte deux volets, un en direction des touristes et un autre en direction des habitants locaux. J’ai conçu une enquête pour chacun des ces volets. Pourriez vous m’aider via votre mailing List et votre média à faire passer ce petit questionnaire à vos contacts ? Je pense que les membres du « Conseil Local de Développement du Pays Diois » sont concernés par ce projet d’éco-mobilité et de tourisme durable. Si vous désirez avoir des renseignements complémentaires, vous pouvez me joindre au 04.75.21.39.08 ou au 06.42.00.23.73.

Je me présente : David CAQUERET, ancien régisseur du camping Les Chaussières et ancien gérant du Snack de la Piscine à Chatillon-en-diois. Je m'adresse à vous car je compte dès 2012 mettre en place une nouvelle activité sur le territoire diois : la location de Vélos à Assistance Électrique.

Ces vélos qui suppriment l’effort dans les montées, facilitent l’accès aux reliefs accidentés. Ils vous permettront de vous balader facilement sur notre territoire en diminuant le recours aux véhicules motorisés.

Je veux mettre ce service d’éco-mobilité à disposition des Diois toute l’année en pratiquant des locations pour un budget restreint. Ceci afin d’offrir aux habitants un moyen de déplacement agréable et moins polluant. Dans le but de mettre en place une offre adaptée à vos besoins, j'ai élaboré une enquête (lien en bleu en fin de ce mail) visant à recueillir vos avis et vos préférences.

Je tiens à remercier tous les partenaires qui m’aident à diffuser ce questionnaire via leur liste d’adresse mail. Notre envie commune : faire vivre le Diois par des activités destinées à ses habitants et ses visiteurs.

Enfin je vous remercie du temps (4 minutes environ) que vous allez consacrer à cette enquête.

Une réduction est offerte aux personnes intéressées en laissant vos coordonnées en fin de questionnaire.

Si le lien ne fonctionne pas, appuyer sur Ctrl + Clic

https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dFhtWVpvcnliSkhyN21QcjRhQXd3R1E6MQ

Sincères salutations.

David CAQUERET

04.75.21.39.08 ou au 06.42.00.23.73.

david.caqueret(@)wanadoo.fr